Les difficultés à commencer une conversation peut avoir d’importantes conséquences. On se sent seul, on s’ennuie en groupe, on est jugé peu présent ou peu intéressant. « Il n’a rien dire », peut-on entendre, ou même : « Elle n’a pas de personnalité, cette fille-là. » Et, en effet, comment deviner que tu as toutes sortes de choses à dire si tu n’ouvre pas la bouche? Si toi aussi tu as du mal à engager une conversation, c’est sans doute qu’il te manque ces deux compétences. D’abord un peu d’audace, ce qui exige de chasser les préjugés, et, ensuite, quelques règles de savoir-faire. Et si, après avoir réussis le concours Passerelle, tu veux te plaire en école de commerce, tu te dois de développer ton art de converser. 

Les règles pour adopter l’art de la conversation

Pour t’aider à prendre la parole, voici quelques règles faciles à appliquer selon la situation dans laquelle tu te trouve. Distingue bien les trois grands moments que sont débuter une conversation, maintenir une conversation et, enfin, poursuivre ou arrêter une conversation. 

Engager une conversation 

Avant que les premiers mots soient prononcés, seul compte le non-verbal. Approche-toi à une distance raisonnable de ton interlocuteur (ni trop loin ni trop près, pour te faire entendre sans paraître intrusif), regarde-le en face, en souriant, et prononce ta première phrase. Tu as le choix entre deux types de message : 

  • Les banalités. N’hésite pas à entamer une conversation par des banalités : parle du temps qu’il fait, du dernier match de football… Choisis des thèmes qui portent peu à discussion et, surtout, évite les sujets sensibles, comme la politique. 
  •  Les propos liés au contexte, à l’environnement. Regardautour de vous, ouvre tes yeux et tes oreilles, et parle de ce qui vous entoure. 

Dans la salle d’attente de votre médecin, d’autres personnes attendent aussi. Tu peux leur demander : Attendez-vous depuis longtemps le médecin ? Est-il en retard aujourd’hui ? Je trouve qu’il fait chaud dans cette salle d’attente, vous ne trouvez pas ?

 Tu le vois, les observations liées au contexte peuvent souvent fournir un sujet de discussion. Une fois que tu as engagé la conversation, regarde comment ton interlocuteur réagit à tes paroles. Est-ce qu’il t’écoute ? Est-ce qu’il a envie de discuter lui aussi ? Un certain nombre d’indices vont t’aider à le déterminer : Est-ce qu’il te regarde ? Est-ce qu’il sourit ? Comment te répond-il ? Est-ce qu’il te relance lui aussi par des questions ? 

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Maintenir une conversation 

C’est une série d’échanges, comme une partie de ping-pong. Elle se joue donc à deux. Tu peux décider seul d’entamer une conversation, mais tu ne peux pas décider seul de la poursuivre. As-tu déjà essayé de jouer au ping-pong ou au tennis tout seul ? Pas très facile, alors si l’autre ne te répond pas, ne t’épuisez pas. Mais il faut au moins engager la partie, et donc entamer la conversation. Tu verras bien ensuite. 

La règle ici est aussi celle du 50/50. Essaye de parler à l’autre pendant environ 50 % du temps (tu seras émetteur de message). Et essaye d’écouter l’autre pendant environ 50 % du temps (tu seras alors récepteur). Sur le plan des techniques de communication, comme tu vas le voir, cette partie est plutôt simple. 

Parlez de toi !  

Commence par donner de l’information sur toi car cela est moins gênant pour l’autre et tu lui laissez la liberté de poursuivre ou non la conversation. En dehors des informations générales dont il a été question tout à l’heure, tu peux progressivement aller un petit peu plus loin en dévoilant tes émotions. Parle de tes goûts, demande à ton interlocuteur s’il est d’accord avec toi. Par exemple : « J’apprécie beaucoup la tenue de Julie, et toi ?  

L’information que tu donne sur toi-même doit concerner l’autre. Elle peut même déboucher directement sur une recherche d’informations chez l’autre, par l’intermédiaire d’une question : tu as envoyé la balle et tu demande à l’autre s’il veut bien te la renvoyer. 

Fait parler l’autre et écoute-le

Rechercher de l’information chez l’autre n’est pas difficile : il suffit de lui poser des questions. Tu peux utiliser des questions « fermées » qui permettent à l’autre de répondre par oui ou par non, sans beaucoup s’engager, ou bien alterner avec dequestions « ouvertes » si tu souhaite que la conversatios’approfondisse et que ton interlocuteur réponde plus abondamment. Pour poser des questions ouvertes, tu peux utiliser des formulations comme : « que », « qui », « qu’est-ce que » « qu’est-ce qui », « comment », « pourquoi », « quand », etc.

C’est toute la différence entre : « Est-ce qu’il fait beau aujourd’hui chez vous ? » (question fermée) et : « Que pensez-vous du temps aujourd’hui ? » (question ouverte, qui oblige l’autre à s’exprimer plus précisément). 

A toi de juger si tu as affaire à quelqu’un qui s’exprime facilement ou non : si tu le sent détendu, n’hésite pas à utiliser les questions ouvertes ; s’il est manifestement gêné, préfère les questions fermées. Dans tous les cas, ces questions ne doivent être ni agressives ni intrusives. 

Je te conseille de procéder comme suit : 

  • Pose une première question. Si l’interlocuteur répond difficilement ou ne répond pas, tu peux tenter une deuxième question. S’il continue à ne pas répondre ou à répondre difficilement, il vaut mieux t’adresser à quelqu’un d’autre (à moins de lui demander carrément s’il souhaite ou non poursuivre la discussion). 
  • Ton interlocuteur répond à ta première question. Tu dois alors l’écouter. 

 L’écoute passive et l’écoute active. 

  • L’écoute passive : il s’agit simplement de montrer à l’autre qu’on s’intéresse à ce qu’il nous dit. Tu le montreras par ta posture, tes gestes, tes attitudes : regarde ton interlocuteur, approche-toi de lui pour l’entendre, adapte ton expression faciale à ce qu’il te dit (par exemple, sourie si la discussion est gaie, et hoche la tête régulièrement). Tu marqueras aussi ton intérêt par des petits mots comme « d’accord » ou « oui ». Ces mots doivent être suffisamment brefs pour ne pas interrompre ton interlocuteur. De très nombreuses recherches en psychologie expérimentale ont montré qu’une simple écoute passive permettait d’aider l’autre personne à parler plus facilement et d’améliorer ainsi la relation. 
  • L’écoute active : elle permet d’aller un peu plus loin dans la relation et en particulier d’exprimer toi-même ou de faire exprimer à l’autre des contenus émotionnels. 

Pour cela, tu peux employer ce que les spécialistes nomment la « vérification de contenu » : tu reformule ce qu’a dit ton interlocuteur en utilisant ses propres mots et tu lui demanderas si tu as bien compris. Cette technique est fondamentale : elle permet d’éviter les quiproquos et montre à ton interlocuteur que tu l’as bien écouté puisque tu es capable de synthétiser ce qu’il t’a dit. C’est surtout au début de la conversation que ces vérifications sont nécessaires. N’hésite pas à faire deux ou trois résumés, toutes les trois ou quatre minutes par exemple. 

Arrêter une conversation 

Il peut arriver que tu ais des difficultés à mettre fin à une conversation qui ne t’intéresse pas. Tu peux à ce moment-là avoir très peur que l’autre le prenne mal. 

S’il s’agit d’une relation à laquelle tu tiens, il est important, par respect pour ton interlocuteur, de lui indiquer des sujets de conversation qui t’intéressent. Là encore, il faudra montrer beaucoup de respect et d’empathie (capacité à comprendre l’autre).

Toute la difficulté est d’être à la fois direct et franc, tout en étant respectueux. Concilier franchise et respect n’est pas évident : il faut chercher un équilibre, enchaîner des phrases qui disent clairement à l’autre que tu ne souhaites pas continuer à discuter de ce sujet et des phrases plus empathiques, qui lui montrent que tu tiens aussi à ce qu’il prenne plaisir à discuter avec toi. 

Si tu es dans un groupe, il sera préférable de prendre une personne à part, pour lui dire que tu aimerais parler d’autre chose. Tu peux soit lui proposer, soit lui demander un nouveau thème de conversation. Si tu utilise ces techniques, il y a en général assez peu de problèmes pour changer de sujet sans blesser ton interlocuteur. 

Et avec les gens qu'on n'aime pas ? 

Certaines personnes, cherchant souvent la difficulté, disent : « Mais il y a des personnes avec qui je n'ai pas du tout envie de parler ! ». Peut-être, mais c'est dommage, selon moi. Si nous prenons la peine de bien expliquer ce qui nous intéresse et de bien chercher ce qui intéresse l'autre, il est rare de ne pas trouver de sujet de conversation. Peut-être faudra-t-il nous contenter d'une conversation superficielle. Cela peut aider à passer une meilleure soirée ou à entretenir de bonnes relations de voisinage. 

D’après le livre « Affirmez-vous » de Frédéric Forget.