« J’ai eu énormément de chance pour le concours Passerelle« . « Le jury de Grenoble a été très cool, c’était la fin de journée« . C’est ce que ressent Emma, étudiante en école de commerce, et victime du syndrome de l’imposteur. Qu’est ce que réellement ce syndrome ? Comment touche-t-il les étudiants en école de commerce ? Et comment en sortir ? Réponse maintenant.

Syndrome de l’imposteur : c’est quoi ?

Les étudiants atteints ont l’impression de ne pas mériter leur place en école de commerce. Ils vont même jusqu’à attribuer les succès qu’ils obtiennent non pas à eux-mêmes mais à des facteurs extérieurs, comme leurs relations, leur quantité de travail, et même à la chance !

Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur, appelé aussi syndrome de l'autodidacte, expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel.

C’est de là que vient l’impression d’imposture dans le « syndrome de l’imposteur »: les personnes qui en souffrent ont carrément l’impression de duper les autres et de ne pas mériter leur place. Elles ont même l’impression d’abuser les autres (leur famille, leurs ami(e)s…) ! C’est la raison pour laquelle elles ont peur de se faire «démasquer» à tout moment.

Il existe bien évidemment des degrés de gravité à ce problème. Il est naturel de douter de soi à l’occasion. Cela indique que notre orgueil ne prend pas toute la place. Mais ce genre de doute devient problématique lorsqu’il reste relativement constant et prononcé. À ce moment, il peut devenir très lourd à porter, et on peu alors parler de syndrome de l’imposteur.

Es-tu victime de ce syndrome ?

De nombreux étudiants ont l’impression d’être victime de ce syndrome de l’imposteur. En réalité, très peu en sont vraiment atteint de manière aggravée. Voici une liste non exhaustive des principaux symptômes.

  • Tu n'attribue pas tes succès à toi-même.
  • Tu as de la difficulté à accepter les compliments, notamment au sujet de tes compétences et de tes réalisations.
  • Être porté à te critiquer durement.
  • Tu as peur de ne pas être à la hauteur, même dans des domaines où tu es à l'aise et où tu as eu des succès dans le passé.
  • Tu as peur de demander de l'aide lorsque tu as des problèmes (au travail, dans ta vie personnelle) par crainte que les autres ne te jugent pas «à la hauteur».
  • Lorsque tu as un succès, tu l'attribue à un ensemble de raisons extérieures à toi-même.
  • Lorsqu'on te fait une critique constructive, tu as de la difficulté à l'accepter au point que cela te tourmentera pendant des heures, voire même des jours…
  • Avoir l’impression que tu profites de « temps emprunté » (au travail, par exemple) avant qu’on ne découvre ta « duperie ».
  • Être perfectionniste, comme le fait de tout vérifier plusieurs fois ce que tu fais pour éviter toute erreur possible et pour que tout soit parfait.
  • Etre porté à te comparer aux autres, autant physiquement qu’au niveau des réalisations personnelles.

Si tu vis la plupart de ces symptômes, il y a des risques que tu souffre du «syndrome de l’imposteur». Mais pas de panique ! Je te propose plus loin des solutions pour t’en libérer.

syndrome de l'imposteur

Se libérer du syndrome de l’imposteur

Un premier outil très important pour te libérer du syndrome de l’imposteur consiste à identifier les pensées absolues reliées au manque d’estime de soi et qui te conduisent à te juger aussi sévèrement. Voici quelques exemples de ces pensées destructrices et absolues qui entretiennent ce sentiment d’imposture.

 

  • Tout doit toujours être parfait.
  • Je dois performer dans tout ce que je fais.
  • L’échec n’est pas tolérable.
  • Je n’ai pas de valeur si je ne suis pas admiré(e) des autres.
  • Si je fais une erreur, les autres vont me critiquer et me rejeter.

Pour combattre ces pensées, tu dois mettre en avant ce que les psychologues appellent les pensées réalistes.

  • Quel sera le pire qui puisse arriver si j’échoue ? Est-ce que ce sera vraiment aussi terrible que je le crains?
  • Les autres ont-ils vraiment les compétences que je m’exige pour faire la même chose?
  • Les autres m’ont-ils critiqué(e) et rejeté(e) à ce point les dernières fois que j’ai fait des erreurs?
  • La perfection existe-t-elle vraiment? Est-ce réaliste et constructif de toujours vouloir tout faire de manière parfaite sans me tromper?
  • Quelles sont les conséquences sur moi (sur ma vie, sur mon stress, ma motivation, mes relations, etc.) d’entretenir ces distorsions cognitives?

C’est en prenant l’habitude à chaque fois de penser à la pensée réaliste que tu diminuera petit à petit les symptômes, et que tu te débarrassera une bonne fois pour toute du syndrome de l’imposteur.